La Tunisie : Conjoncture économique orientée à la hausse

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La conjoncture économique au premier semestre 2025 laisse entrevoir un redressement plus tangible, soutenu par la reprise des activités agricoles, touristiques et industrielles. L’inflation poursuit sa décélération et le chômage affiche une tendance à la baisse bien que la situation des diplômés reste préoccupante. Toutefois, la relance de l’investissement demeure hésitante : les flux d’IDE progressent, mais sans réelle synergie avec les entreprises locales, dont l’élan reste limité. Les pressions sur la balance des paiements s’accentuent sous l’effet de la hausse des importations liées à la relance. Pour consolider cette dynamique, il s’avère essentiel de renforcer la compétitivité du produit national, d’accroître la productivité et d’améliorer l’environnement des affaires, afin de stimuler l’investissement privé et de soutenir une croissance créatrice d’emplois durables.

Reprise des exportations

L’économie tunisienne affiche en 2025 une progression de 2,4%, témoignant d’une reprise encore fragile mais bien réelle. Cette évolution découle essentiellement de la vitalité du secteur agricole, dont la valeur ajoutée s’est accrue de près de 10%, ainsi que la résilience des services, en hausse modérée. Le redémarrage de l’activité industrielle confirme également cette tendance : les industries chimiques, mécaniques et électriques, la construction ainsi que l’extraction minière enregistrent des performances remarquables, traduisant une amélioration de la production et une meilleure mobilisation des capacités existantes.

En revanche, certaines branches connaissent un repli marqué, à l’instar de l’extraction pétrolière et gazière, du raffinage, des activités financières ou encore du textile et du cuir, freinées par des contraintes structurelles persistantes. Face à ces disparités, le défi central demeure la consolidation de la compétitivité et la relance durable des exportations industrielles.

Les flux d’investissements étrangers directs poursuivent leur ascension, enregistrant une hausse de plus de 40%, tandis que les déclarations d’investissement intérieur progressent d’environ 17%. Cependant, les lourdeurs administratives, la rigidité réglementaire et l’accès limité au financement continuent d’entraver l’élan entrepreneurial, retardant une reprise plus vigoureuse et inclusive.

Déficit de la balance commerciale

Le déficit de la balance commerciale s’est accentué au premier semestre 2025, principalement en raison de l’aggravation du déséquilibre énergétique. Les échanges extérieurs révèlent un recul des exportations de 0,6%, tandis que les importations progressent de 4,3%, creusant le déficit à 9 900,5 millions de dinars, contre 8 017,4 millions un an plus tôt. Certains secteurs affichent néanmoins des signes positifs : les exportations minières, notamment celles phosphates et dérivés, enregistrent une hausse notable de plus de 11%, et les industries mécaniques, électriques ainsi que le textile maintiennent une légère progression. En revanche, les ventes de produits énergétiques chutent de 36%, pénalisées par la contraction des exportations de produits raffinés, tandis que l’agroalimentaire recule  d’environ 19% sous l’effet de la baisse des exportations d’huile d’olive. Cette évolution souligne la vulnérabilité persistante des échanges extérieurs face aux fluctuations sectorielles et énergétiques.

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